Convoyage de bateau : réglementation, assurances et prestataires

by | May 19, 2025 | Blog Havigo

Faire convoyer son bateau, que ce soit un voilier ou une unité à moteur, est une opération courante pour les propriétaires souhaitant déplacer leur navire sans le naviguer eux-mêmes. 

En 2025, le convoyage maritime fait appel à des compétences spécifiques et est encadré par un ensemble de règles et de bonnes pratiques, même si la réglementation directe a évolué. Il faut dire que confier son bien, souvent de grande valeur sentimentale et financière, nécessite une confiance absolue dans le prestataire choisi. 

Naviguer dans le dédale des assurances, appréhender le cadre réglementaire et choisir un transporteur ou une entreprise digne de confiance peut être ardu. Cet article a pour but de démystifier les aspects cruciaux : quelles réglementations sont véritablement en vigueur, quelles assurances sont essentielles, et comment identifier le prestataire adéquat pour un transport sans souci en France ?

Qu’est-ce que le convoyage de bateau exactement ?

Avant d’explorer la réglementation et les assurances, définissons précisément ce qu’est le convoyage maritime. Figurez-vous qu’il s’agit de l’opération consistant à déplacer un navire par la mer, d’un port ou d’un site à un autre, moyennant une rémunération. 

Le convoyeur, personne physique (skipper professionnel) ou morale (société spécialisée), prend en charge la conduite du bateau pour le compte du propriétaire ou d’un professionnel (chantier naval, loueur, courtier). Il est à noter que cette prestation se distingue clairement du transport de bateau par voie terrestre (sur plateau ou sur camion) ou du transport de passagers ou de marchandises.

Le convoyage peut concerner tout type de bateau de plaisance : voiliers (monocoques, catamarans), bateaux à moteur (vedettes, yachts, semi-rigides), et même parfois des navires à utilisation collective (NUC) ou des unités de course. 

Les raisons de faire appel à un convoyeur sont variées : livraison d’un bateau neuf, changement de zone de navigation, rapatriement pour hivernage ou travaux, participation à un événement nautique, etc. A savoir que le convoyage peut se faire avec ou sans le propriétaire à bord, ce dernier pouvant parfois profiter de l’occasion pour une prise en main de son navire avec l’aide du skipper.

La réglementation applicable au convoyage maritime en 2025

La question de la réglementation encadrant spécifiquement le convoyage de navires de plaisance en France est plus subtile qu’il n’y paraît. Pendant longtemps, la circulaire du 20 janvier 1993 a servi de référence, définissant l’opération et le statut du convoyeur. 

Néanmoins, il est désormais admis que cette circulaire est abrogée. De ce fait, il n’existe plus de texte législatif unique et dédié régissant le contrat de convoyage maritime de plaisance en 2025.

Un cadre juridique composite

En l’absence de législation spécifique, le convoyage emprunte ses règles à différents domaines du droit. Il faut savoir que le droit maritime général, le droit commun des contrats (Code civil) et les normes professionnelles viennent encadrer la prestation. 

Le contrat signé entre le propriétaire et le convoyeur devient donc la pièce maîtresse, définissant les obligations et responsabilités de chacun. Par ailleurs, les qualifications professionnelles des équipages restent encadrées par des conventions internationales et des réglementations nationales.

Qualifications et statut du convoyeur : l’importance du professionnalisme

S’il n’y a pas de “carte de convoyeur” officielle pour les navires de plaisance, l’activité de convoyage à titre professionnel exige des compétences maritimes certifiées

Les skippers réalisant ces missions sont généralement titulaires de brevets professionnels de la Marine Marchande, tels que le Capitaine 200 (voile ou yacht) ou des qualifications supérieures, conformément aux exigences de la convention internationale STCW (Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers). Ces diplômes attestent de leur capacité à assurer la sécurité de la navigation et la gestion du navire.

De plus, les entreprises spécialisées dans le convoyage sont souvent des sociétés agréées de travail maritime et enregistrées comme armateurs auprès des Affaires Maritimes. Ce statut implique des responsabilités spécifiques en matière de sécurité, d’équipement du navire et de gestion de l’équipage. Il est à noter que le convoyeur, qu’il soit indépendant ou salarié d’une société, endosse une responsabilité importante vis-à-vis du navire confié.

Les évolutions réglementaires maritimes en 2025

Bien qu’il n’y ait pas de révolution spécifique au convoyage, certaines évolutions réglementaires générales de 2025 peuvent avoir un impact indirect :

  1. Sécurité : Coupe-circuit obligatoire : Depuis le 1er octobre 2023 et pleinement applicable en 2025, le port du coupe-circuit est obligatoire pour les moteurs hors-bord et les VNM (jet-skis). Le convoyeur d’un bateau concerné devra s’y conformer.
  2. Environnement : Quotas Carbone (ETS) : L’inclusion progressive du transport maritime dans le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), qui touche certains navires de plaisance dès 2025, pourrait concerner les convoyages de yachts de grande taille, impactant potentiellement les coûts.
  3. Formalités : Guichet Maritime Unique Européen (EMSWe) : Prévu pour août 2025, ce guichet vise à simplifier les déclarations pour les navires entrant/sortant des ports EU. Bien que visant surtout les professionnels du transport de poids lourds ou de marchandises, il pourrait fluidifier certaines démarches pour les convoyages internationaux.
  4. Transport Fluvial : Des modernisations sont aussi en cours pour le transport fluvial (contrôles alcool/stupéfiants, accès à la profession), mais elles concernent moins directement le convoyage maritime côtier ou hauturier.

Les assurances indispensables pour le convoyage de bateau

Assurer correctement un convoyage est absolument fondamental pour protéger à la fois le propriétaire du bateau et le prestataire. Différents types d’assurances entrent en jeu.

La Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) du convoyeur

Il faut dire que la RC Pro est l’assurance essentielle pour tout professionnel réalisant des convoyages de voitures, de poids lourds, de bateaux ou d’autres engins. Même si la loi ne l’impose pas systématiquement pour toutes les prestations de services, elle est considérée comme une obligation de fait dans ce secteur. Elle est systématiquement exigée par les clients sérieux. 

Elle couvre les dommages que le convoyeur (ou son équipage) pourrait causer à des tiers (autres navires, installations portuaires, personnes) ou même au client lui-même (par exemple, un dommage causé par une mauvaise manœuvre) dans le cadre de son activité professionnelle.

Cette assurance inclut souvent une protection juridique, très utile en cas de litige pour obtenir des conseils ou une prise en charge des frais de défense. A savoir que la RC Pro ne couvre généralement pas les dommages causés au bateau convoyé lui-même par la faute du convoyeur; une garantie spécifique est nécessaire pour cela.

Assurer le bateau lui-même pendant le transport

La couverture des dommages pouvant survenir au bateau convoyé est un point critique. Plusieurs scénarios sont possibles :

  1. Assurance du propriétaire : Il est primordial de vérifier si l’assurance “corps” (tous risques plaisance) du propriétaire couvre la navigation lors d’un convoyage effectué par un skipper professionnel tiers. Certaines polices l’incluent, d’autres exigent une extension ou une déclaration préalable. C’est souvent la solution privilégiée.
  2. Garantie “Dommages aux biens confiés” : Certains contrats RC Pro du convoyeur peuvent inclure une extension pour couvrir les dommages au bateau confié, mais les plafonds et conditions sont à vérifier attentivement.
  3. Assurance spécifique au convoyage : Il est parfois possible de souscrire une assurance temporaire pour la durée du convoyage, couvrant les risques spécifiques liés à cette opération.
  4. Assurance P&I (Protection & Indemnity) : Les skippers professionnels et les sociétés de convoyage sérieuses disposent souvent d’une assurance P&I, qui couvre un large éventail de responsabilités civiles maritimes, pouvant inclure certains dommages au navire sous conditions.

Il est crucial de clarifier avant le départ qui assure quoi et avec quelles limites et franchises. Cette clarification doit être formalisée dans le contrat de convoyage.

Choisir le bon prestataire pour un convoyage serein

Le succès et la sécurité d’un convoyage dépendent énormément du choix du prestataire. Que ce soit un skipper indépendant ou une société spécialisée, plusieurs critères sont à évaluer.

La première étape est de vérifier les qualifications et l’expérience du skipper ou de l’équipage proposé. Exigez la preuve des brevets professionnels (Capitaine 200 minimum, STCW), vérifiez les références et l’expérience sur des bateaux similaires et des zones de navigation comparables. Un bon convoyeur doit être capable de fournir un CV nautique détaillé.

Ensuite, les assurances sont un critère non négociable. Demandez systématiquement les attestations d’assurance RC Professionnelle en cours de validité. Clarifiez également la couverture prévue pour le bateau lui-même pendant la mission, comme évoqué précédemment. Une entreprise sérieuse sera transparente sur ses couvertures.

La réputation est aussi un indicateur important. Recherchez des avis de clients précédents, consultez les retours sur les plateformes spécialisées ou demandez des contacts de référence. Le bouche-à-oreille dans le milieu nautique fonctionne bien. De ce fait, un prestataire reconnu pour sa fiabilité et son sérieux sera souvent un choix plus sûr.

Enfin, examinez attentivement le contrat de convoyage proposé. Celui-ci doit détailler précisément :

  • l’identité des parties ;
  • la description du bateau ;
  • l’itinéraire prévu et les dates approximatives ;
  • le prix de la prestation et les modalités de paiement (acomptes, solde) ;
  • la répartition des frais annexes (carburant, places de port, avitaillement équipage, retour du skipper) ;
  • les obligations de chaque partie (préparation du bateau par le propriétaire, obligations du convoyeur) ;
  • les conditions d’assurance et les responsabilités en cas de dommage ou d’avarie.

Un contrat clair et équilibré est essentiel pour éviter les litiges.

Les étapes et bonnes pratiques d’un convoyage réussi

Un convoyage bien mené suit un processus structuré, de la préparation à la livraison. Avant le départ, une préparation minutieuse du bateau est indispensable. Le convoyeur effectue généralement un inventaire complet et une vérification approfondie de l’état du navire, de ses équipements de sécurité (gilets, radeau, extincteurs…), de la motorisation, du gréement, de l’électronique de navigation et des systèmes essentiels. 

Tout problème potentiel doit être identifié et si possible corrigé avant de prendre la mer. Cet état des lieux initial doit être documenté et validé par le propriétaire ou son représentant.

Ensuite vient la planification de la navigation. Le skipper établit la route prévisionnelle en tenant compte de la météo, des courants, des capacités du bateau et des éventuelles escales techniques ou de repos nécessaires. Une veille météorologique constante est maintenue pendant tout le trajet.

Pendant le convoyage, la communication avec le propriétaire est importante. De nombreux prestataires proposent un suivi régulier de la progression, parfois via téléphone satellite ou balise de tracking. Cela permet au propriétaire d’être informé et rassuré. Le skipper doit également gérer l’équipage (si présent), l’avitaillement et les éventuels imprévus techniques ou météorologiques avec professionnalisme.

À l’arrivée, une inspection finale du bateau est réalisée conjointement avec le propriétaire ou son représentant. Un rapport de convoyage est souvent remis, détaillant le déroulement de la mission, les éventuels incidents ou observations techniques, et la consommation de carburant. C’est le moment de constater l’état du bateau et de clôturer formellement la prestation.

Le convoyage de bateau en France, n’étant plus régi par une circulaire spécifique, reste quand-même une activité professionnelle sérieuse. Elle exige compétences, rigueur et conformité à un ensemble de règles maritimes et contractuelles. En 2025, choisir un prestataire qualifié, détenteur des brevets nécessaires et couvert par les assurances adéquates (notamment une solide RC Pro), est primordial. 

Il faut savoir que la clarification des responsabilités et des couvertures d’assurance pour le bateau lui-même, formalisée dans un contrat détaillé, est la clé pour éviter les mauvaises surprises. 

Par ailleurs, une préparation minutieuse du navire et une communication transparente tout au long de la mission contribuent grandement à la réussite et à la sérénité du convoyage. En étant bien informé et vigilant, vous pouvez confier votre précieux bateau en toute confiance.

Auteur

Chloe

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Publié le

May 19, 2025